Affichage des articles dont le libellé est hauts fonctionnaires. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est hauts fonctionnaires. Afficher tous les articles

jeudi 27 mars 2008

Les privilégiés "d'en haut", suite et fin

Dans notre série sur les privilèges des hauts fonctionnaires français, inspirés par l'ouvrage d'Yvan Stefanovitch "Aux frais de la princesse", deux derniers domaines : les DOM-TOM et l'éducation.

Dans son ouvrage Yvan Stefanovitch s'intéresse ainsi à l'outre-mer. Si ses propos sur les fonctionnaires d'outre-mer mériteraient plus de modérations, ses propos sur les élus ou représentants de l'Etat sont dignes d'intérêts.

Concernant le représentant de l'Etat à Mayotte, celui-ci travaille dans une partie de l'Ile alors que ses bureaux sont situés de l'autre côté du lagon. Afin de se déplacer il n'utilise pas la navette locale mais une vedette de sept mètres de long, pilotée par un employé de l'Etat, ce qui est déjà un effort de sa part puisqu'en 1996 il avait acheté un bateau de croisière avant de s'en séparer face aux critiques.

A la Réunion le préfet a trois résidences : une à la ville, une à la plage et une à la montagne.

Pour les élus Lucette Michaux-Chevry, élue de Guadeloupe, justifie son amitié à l'égard de Jacques Chirac : elle avait l'habitude d'emprunter du personnel et de la nourriture pour sa résidence privé (en 1995 elle a dépensé 26 000 € en petits-fours!).
Et Lucette est généreuse avec ses directeurs de cabinet tous dotés d'un logement, d'un portable et d'un véhicule de fonction, avec chauffeur. De même pour le chef du service courrier qui a aussi son logement de fonction.

En Guyane le conseil général a accordé treize voitures de fonctions avec des cartes d'essence gratuite!
En Nouvelle-Calédonie, l'ex-dirigeant Jacques Lafleur occupe aussi un logement de fonction, mais non seulement il ne paie rien mais le contribuable lui paie 2 200 € mensuels afin qu'il l'occupe!
A la Réunion, vingt cinq membres du conseil général bénéficiaient d'un logement de fonction, parmi eux neuf s'auto-louaient leur logement.

Cependant le maître demeure Gaston Flosse auquel nous avons consacré un dossier (cf « Nos dossiers »). Grâce à l'argent du contribuable, il s'est payé : un atoll à Tupai (5,7 millions d'euros), un avion (13,8 millions), soixante dix véhicules, dont une trentaine de motos et trente sept berlines (avec double immatriculation pour permettre un usage familial), une milice...les frais de la présidence ont augmenté de 400 % en dix ans.

Afin de calmer les contestations, les privilèges se sont élargis : le service d'assistance aux particuliers est ainsi passé de 18 à 140 personnes avec une productivité de 0,6 dossiers traités par jour et par agent!


Autre domaine où existe un fossé entre fonctionnaires de base et hauts fonctionnaires : l'éducation.
Yvan Stefanovitch s'intéresse ainsi à quelques grandes écoles.
Au lycée Henri IV le proviseur dispose d'un F9 de 380 m² avec vue sur le Panthéon. En 2004 il a par ailleurs réalisé des travaux qui ont coûté 11 648 € au contribuable. A part son proviseur, le lycée loge vingt fonctionnaires.
Au lycée Louis-le-Grand le proviseur dispose de 390 m², celui de Jean-Baptiste-Say de 332 m² : l'Education Nationale, avec 43 000 logements, fournit en effet un quart des logements gratuits de la fonction publique.

Le recteur de l'académie de Nice vit lui dans une véritable villa de 350 m² qu'il loue pour 3 500 € mensuels, mais a aussi droit comme tous ses collègues à une voiture de fonction avec chauffeur.

Autre fonctionnaires d'en haut : les professeurs de grandes écoles (Normale Sup, Polytechnique...). Ils gagnent entre 7 500 et 9 000 €, bénéficient de six mois de vacances par an, et touchent même leurs heure supplémentaires pendant leurs vacances. Les « heures de première chaire » permettent aussi d'être payés même s'ils n'effectuent pas des heures de cours, même situation pour les « décharges de services individuelles » qui créé de véritables enseignants virtuels : ainsi il y a des professeurs détachés à l'Opéra de Paris, à l'institut des études judaïques; d'autres à TV5, à la Fondation Nicolas Hulot, au Lobby européen des femmes; il y a aussi les professeurs en surnombre qui ne peuvent enseigner faute d'affectation, leurs disciplines : hébreux, arabe, portugais ou russe, coût pour le contribuable : 100 millions d'euros.


lundi 10 mars 2008

Le Palais du Luxembourg ou le Palais de Crésus

Les Gouvernements, si prompts à dénoncer l'inutilité de certaines dépenses, devraient se pencher sur une institution peu utile : le Sénat. Cette institution dont les membres sont élus de manière anti-démocratique (système des grands électeurs) ne brille pas par son activité, mais est par contre un véritable centre de rencontre pour les lobbies.
Mais les employés du Sénat, bénéficiaires d'un statut dérogatoire à la fonction publique, ont des salaires et des avantages importants : à qualification égale ils ont des salaires de 50 % supérieurs aux autres fonctionnaires. Afin de gonfler ces salaires une prime de nuit est attribuée à 50 % d'entre eux alors qu'un tiers seulement est présent lors des séances de nuit, et cela grâce encore à une dérogation qui leur permet de bénéficier de cette prime dès 19h05 contre 0h05 en principe.
Les conditions sont par ailleurs bonnes : ils bénéficient des 32 heures et de dix semaines de congés payés; et vu que le Sénat ne siège qu'un jour sur trois en général, l'activité est loin d'être fatigante.

Vingt huit administrateurs bénéficient en outre de logements de fonction (avec des superficies de 120 à 290 m², pour 600 € par mois), ils bénéficient du téléphone gratuit, d'autres d'un véhicule de fonction avec chauffeur.
Le président du Sénat, lui, gère son « enveloppe » comme bon lui semble : 610 000 € en petits-fours ou 370 000 € en frais de voyages. Et bénéficie d'autres avantages : repas, courrier ou transports ferroviaires gratuits.
Pour le reste du personnel, dix logements de fonction sont attribués, et ils bénéficient de prêts immobiliers à tarif préférentiel.
Les sénateurs bénéficient d'un régime spécial de retraite : 9 ans de cotisations seulement, mieux que les cheminots.
Autre avantage général aux fonctionnaires du Sénat : grâce au « congé spécial » certains fonctionnaires peuvent partir à la retraite dès 55 ans, avec un salaire équivalent à 80 % de leur salaire d'origine.

Le Sénat dispose en outre d'une réserve financière (58 millions d'euros en 1995) que le président de la commission des finances distribue en subventions de manière discrétionnaire.

Source : "Aux frais de la princesse" (Yvan Stephanovitch)

mercredi 20 février 2008

Les "ACMH", privilégiés de la République

Il existe une profession particulièrement nantie, sans pour autant être défendue par la CGT ou par Sud ou même dénoncée par Jean Pierre Pernault : les architectes en chef des monuments historiques ou « ACMH ».
Cette profession, comptant seulement 54 personnes, a le monopole pour la restauration des 40 000 monuments historiques. Et c'est ce monopole qui constitue son premier privilège : ainsi elle bénéficie d'un quasi-monopole pour tous les travaux intéressant le ministère de la Culture.
Leurs parts de marché vont s'accroître avec la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat qui leur confie la gestion des édifices religieux où ils remplacent les architectes diocésains.
Ils bénéficient aussi d'une circonscription sur laquelle ils ont un monopole : ainsi à l'époque de l'incendie du Parlement de Rennes (sa « circonscription d'alors), l'Etat a versé à Alain Charles Perrot, interrogé par Yvan Stefanovitch, 18 millions d'euros en frais d'études et de travaux.

Le deuxième privilège des ACMH c'est leur salaire : ainsi Alain Charles Perrot déclare avoir perçu près d'un million d'honoraires de l'Etat en 2002 et toucher 25 000 € annuels, et comme ils bénéficient d'un quasi-monopole sur les monuments historiques les particuliers propriétaires de monuments classés ou inscrits doivent passer par eux, même si leurs prestations sont trois fois plus chères que les autres architectes travaillant dans le même domaine.

Troisième privilège : les logements de fonction. En vertu d'un usage les ACMH logent sur leur chantier : ainsi Alain Charles Perrot loge à l'Opéra Garnier où il a installé ses bureaux, hors ce chantier dure depuis quinze ans. Dans un rapport de 2001, la Cour des Comptes dénonçait ces pratiques. Un ACMH a ainsi logé pendant quinze ans au château de Versailles. Certains indiquent sur l'annuaire ces adresses prestigieuses, car beaucoup utilisent ces logements en logements professionnels.

Par ailleurs cette profession bénéficie d'autres faveurs : elle peut ainsi (c'est le cas depuis le Moyen Age) cumuler ses activités publiques et privées; par ailleurs les ACMH sont contrôlés par eux-même! Ainsi au sein de l'inspection générale des monuments historiques onze membres sur trente trois sont des ACMH, ce qui leur permet d'être à la fois juge et partie, experts et maître d'oeuvre, et de bénéficier en plus pour cette activité d'auto-contrôle d'une indemnité mensuelle de 2 000 €.

De plus la profession est fortement centralisée sur Paris et sa région puisque la moitié des ACMH y travaille, tout comme l'activité : en 2006 la moitié des crédits était consacrée à la seule restauration des monuments parisiens.

Au-delà des ACMH le ministère de la Culture brille par sa générosité en matière de logements de fonction : 882 au total, ce qui est le cas de 230 salariés sur 550 au château de Versailles. A Beaubourg le président loge dans un 274 m². A la villa Médicis à Rome, le responsable gagne 10 000 € mensuels pour surveiller quelques artistes et est logé dans un 380 m² (quid des cheminots? ont-ils aussi des logements de fonction de 380 m²?). Cette villa coûterait 5 millions d'euros au contribuable en simples frais de fonctionnement.

Source : "Aux frais de la princesse" (Yvan Stefanovitch)

dimanche 3 février 2008

La banque de France, des privilégiés pas comme les autres

Dans son ouvrage "Aux frais de la princesse", Yvan Stephanovitch s'intéresse aux catégories de fonctionnaires - les hauts fonctionnaires - qui n'ont ni besoin de faire grêve, ni besoin de la CGT pour défendre leurs "droits acquis".
Cet ouvrage est de salubrité publique car TF1 ne parle jamais d'eux et que leurs privilèges n'ont aucune commune mesure avec ceux des cheminots.

La Banque de France a elle toujours eu une culture des privilèges et des passe-droits. Dès 1800 ses salariés bénéficient d'un statut mixte : ils sont assimilés à des fonctionnaires pour la sécurité de l'emploi, tout en bénéficiant des salaires de banquiers du privé. Ils bénéficient en outre de divers avantages : ils ne cotisent pas aux ASSEDIC, beaucoup bénéficient d'un logement de fonction même si leur emploi ne le justifie pas, tous bénéficient d'une indemnité de logement (sauf exception). Historiquement ils ont bénéficié de droits sociaux très tôt : droit à la retraite ou médecine du travail.

Le principal avantage de la profession, ce sont les logements de fonction : la banque gère 90 immeubles avec des loyers de 30 % moindres au prix du marché.
Mais ce qui étonne c'est surtout l'identité des locataires. Ainsi Jean Louis Debré bénéficiait d'un logement de fonction du fait de sa fonction de président de l'Assemblée Nationale. Trois autres hauts fonctionnaires de l'Assemblée bénéficiaient aussi en guise de droit acquis d'un 500 m². Rue de Valois la Banque loge 150 locataires : elle y loge des retraités de la Banque (exemple l'ex-docteur, 80 ans et doncx retraité), Alan Greenspan, ex-directeur de la Banque Centrale américaine y a aussi un logement, tout comme Pierre-Henri Arnstam, producteur-réalisateur à France 2, ou Michel Camdessus. Avenue d'Eylau réside aussi à tarif préférentiel Roger Hanin, plus connu sous le nom de Commissaire Navarro. Mais la liste des bénéficiaires est très longue : responsables et cadres de banques notamment.
Par contre ces locataires savent faire preuve de discrétion : sur leurs boîtes aux lettres il n'y a que des initiales d'indiquées, ou rien parfois.
Dans un rapport de 2005 la Cour des Comptes a critiqué ces déviances.

Mais l'affaire la plus étonnante concerne le Conseil de la Politique Monétaire (CPM) qui a pour but à l'origine de défendre le franc pourtant remplacé par l'euro depuis des années! Cet organisme existe en effet toujours. Afin de justifier leur poste ces conseillers passent deux jeudis par mois à parler de l'euro, de l'inflation, et ont surtout la dure activité de fixer le taux d'intérêt du livret. Un de se membres reconnaît : « c'est vrai, nous ne servons pas à grand chose ».
Le tout pour 11 361 € mensuels (136 339 € annuels), avec en prime une secrétaire, une berline de fonction avec chauffeur, et quelques notes de frais (mais rassurons-nous elles sont limitées à 83 000 € annuels), certains bénéficient d'un logement de fonction.

Dans le même temps la Banque de France a supprimé des milliers d'emplois...mais ne touche rien concernant les droits acquis de ses très hauts fonctionnaires.

vendredi 18 janvier 2008

La mafia des inspecteurs des finances

Dans son ouvrage « Les Intouchables » Ghislaine Ottenheimer s'attaque à l'élite de l'élite française : l'inspection des finances. Cette profession qui a pour charge le contrôle des services financiers de l'Etat, recrute annuellement les cinq meilleurs énarques consentants à cette fonction. Si cette élite a pendant des années servis a modernisé la France, aujourd'hui elle connaît différentes dérives : le pantouflage, les problèmes judiciaires, la recherche de la carrière et de l'argent facile au détriment de l'intérêt général font que la caste vit une certaine décadence.
Pour illustrer ces déviances quelques exemples sont très illustratifs, car les entreprises qui ont connu les plus grandes faillites ces dernières années étaient dirigées par des inspecteurs des finances : le Crédit Lyonnais (Jean-Yves Haberer), Vivendi (Jean Marie Messier), France Télécom (Michel Bon), Alstom (Pierre Bilger), on peut aussi ajouter Bull, AGF, UAP, GAN ou Moulinex.

Si nous avons déjà eu l'occasion de nous intéresser aux motifs de tels échecs (cf « Nos dossiers » : Des hauts fonctionnaires), l'objet de cet article est surtout de s'intéresser aux problèmes judiciaires de la caste. Car les chiffres sont éloquents : alors que 0,1 % des Français ont été mis en examen, 5 % des inspecteurs des finances l'ont été!

Un des motifs de ces chiffres, c'est que la caste a l'habitude de travailler par réseau : à la sortie de leur formation ils reçoivent un annuaire avec les coordonnées de tous les membres de la caste. Avec des risques de délits d'initiés ou de conflits d'intérêt. Et ce réseau intéresse aussi les recruteurs qui engagent parfois des inspecteurs des finances dans ce but, même s'ils ont connu de grandes déconvenues dans le passé. Comme le dit Ghislaine Ottenheimer, « on se connaît, on s'informe, on se coopte ». La caste cultive aussi son goût des réseaux par le biais du pantouflage, à savoir les allers-retours entre le public et le privé facteurs de conflits d'intérêts.

Autre motif : l'arrogance de la caste, vis-à-vis du politique ou du monde judiciaire. Ainsi au cours d'un procès un avocat s'est exclamé : « mon client ne ment pas, il est inspecteur des finances »...d'où un esprit de croyance en son infaillibilité, en son omniscience, en son impunité.

Et Ghislaine Ottenheimer peut se baser sur différents cas concrets.
Ainsi Alstom, dirigée par un inspecteur des finances, Pierre Bilger, était en crise il y a quelques années. Pour régler sa situation les dirigeants se tournent vers l'Etat et donc le contribuable. Le ministre de l'Economie de l'époque Francis Mer demande conseil à différents interlocuteurs ...tous inspecteurs des finances (Muscal, Pérol, Jaffré, Jouyet, Pébéreau, Prot, Bouton) qui l'invitent à choisir cette solution, au bénéfice des banques qui pouvaient être mises à contribution dans le dossier, toutes dirigées par des inspecteurs des finances. Solution pourtant critiquée par Monti, commissaire européen à la concurrence. Dans ce dossier la caste était à tous les échelons de la négociation : cabinet ministériel, banques, Alstom, Trésor.

Il y a aussi l'affaire Cegelec, filiale vendue à 50 % de sa valeur originelle à un pool d'investisseurs ayant des liens amicaux ou « de caste » avec les responsables d'Alstom (ex-propriétaire de la Cegelec). Dans d'autres cas (Vivendi, Crédit Lyonnais), les dépeçages de ces sociétés ont donnés lieux à des grands profits pour les potes de formation.

Mais il y a eu aussi des mises en cause dans le cadre de scandales collectifs : affaire du sang contaminé, des écoutes téléphoniques de l'Elysée, affaire Elf, affaire des frégates de Taïwan, financement occulte du RPR (comme les emplois fictifs). D'autres inspecteurs ont été mis en cause dans des affaires de blanchiment de capitaux (Daniel Bouton, Henri de Castries), d'autres dans des cas de délits d'initiés (exemple : Jean-Charles Naouri : 53 000 € de plus-value!), d'extorsion de fonds ou de prise illégale d'intérêt.

Deux cas sont pourtant plus graves.
Jean-Maxime Lévèque qui après une brillante carrière présida IBI Holding company. Cette société fut mise en cause dans différentes affaires : trafic d'armes avec l'Iran, commissions occultes, maquillage des comptes, et des erreurs qui coûteront un milliard d'euros au Crédit Lyonnais.
Autre cas : François Heilbronner, qui lui aussi a fait une carrière plus que respectable, est mis en cause pour « escroquerie en bande organisée avec appel public à l'épargne, faux et usage de faux ». Avec son gendre, un certain Imad Lahoud, ils commercialisaient un fonds spéculatif situé dans un paradis fiscal. Ils le commercialisent auprès de banques et de compagnies d'assurance. Au final 42 millions de dollars s'évaporent. Et des fonds recueillis grâce à des faux documents pour crédibiliser le fonds.

Le service central de prévention de la corruption met aussi en cause le pantouflage dans un rapport de 2000. Avec des cas très concrets.,
Ainsi Bruno Crémel, ex-cadre du Trésor, est allé pantoufler au groupe Pinault-Printemps-Redoute en 1998. En 2000 il devient directeur de cabinet du ministre de l'Economie Laurent Fabius, avant de rejoindre le groupe Pinault en 2002. Notons qu'au même moment François Pinault avait conclu avec Laurent Fabius une transaction, afin de régler ses problèmes avec le fisc.
Philippe Marini, sénateur-maire, et ex du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et du groupe Lagardère, a lui été soupçonné de trafic d'influence : il serait intervenu dans la création d'Areva (fusion de la CEA, de Framatome et de la Cogema) pour le compte de la société Gimar dont il est membre du conseil du surveillance et qui conseillait la Cogema (qui bénéficiera de commissions particulièrement de 18 millions de francs). La présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, réalisera un audit. Au cours de cet audit sera découvert un fax démontrant que Philippe Marini a usé de sa position au Sénat (commission des finances) au cours de la fusion.

Alors conspirationnisme anti-élite? Acharnement de juges rouges? Le magazine « The Economist » réponds dans une enquête de juin 1999 sur la haute administration française : « Elitisme et corruption : les deux mamelles de la France ».

jeudi 3 janvier 2008

Ambassadeurs de tout le pays, enrichissons-nous!

La France ayant malheureusement développée au cours de la Seconde Guerre Mondiale, une culture de la délation, les Amis d'Anticor 44 souhaitent revendiquer cette paternité. A une époque où les gouvernements remettent en cause les « privilèges » et les « droits acquis » des fonctionnaires au nom de la lutte contre la dette et pour l'équité, nous avons décidé de dénoncer des petits fonctionnaires malins, bénéficiant d'avantages exorbitants dans l'ombre la plus complète. Ces fonctionnaires, les ambassadeurs, ne sont même pas défendus par la CGT, et pourtant ils sont fortement privilégiés. Espérons en tout cas que Nicolas Sarkozy entendra notre message et passera au Kärcher du libéralisme nos camarades ambassadeurs. Cette étude est basée sur « Aux frais de la princesse » d'Yvan Stefanovitch.

Le premier privilège de l'ambassadeur c'est son salaire. Le « SMIC » est de 14 000 € mensuels, et dans 25 % des cas le salaire ne descends pas sous la barre des 22 500 €. A ce salaire s'ajoutent des subtilités : celui-ci est ainsi composé à 62 % par une indemnité de résidence.
Cette astuce permet notamment des avantages fiscaux puisque l'impôt se calcule sur le revenu « indiciaire », 3000 €, calculé sans les primes, ce qui permet à certains ambassadeurs de ne pas payer d'impôts malgré leurs salaires!
A ces avantages financiers s'ajoutent des avantages matériels, puisque le contribuable qui rechigne à verser le moindre centime au moindre fonctionnaire (qui selon Jean Pierre Pernault serait un nantis) accepte de fournir aux ambassadeurs des logements bien meublés : meubles, services à vaisselle, ou tableaux de maîtres, et de leur accorder un personnel de maison nombreux (au minimum cinq personnes : cuisinier, femmes de ménages, chauffeurs, jardinier) : ils sont nourris, logés, blanchis et servis par des domestiques.

A côté des ambassadeurs, d'autres hauts fonctionnaires vivent aussi dans l'opulence : les attachés militaires ou les conseillers financiers. Leurs salaires tournent autour de 15 000 € avec des avantages proches : logements de fonction pour certains, repas remboursés, voiture de fonction, mêmes avantages fiscaux, même indemnité de résidence...de quoi rendre jaloux un nantis de cheminot. Ils bénéficient en outre de cinq à huit semaines de congés payés.

Le personnel d'exécution bénéficie de salaires moindres, mais bénéficie lui aussi d'une indemnité de résidence. Il y a aussi 6000 agents recrutés localement, réputés plus dociles et plus silencieux.

Il existe certains abus dans la mesure où certains « piquent dans la caisse » en allongeant faussement la liste des invités lors des réceptions, en mettant peu de choses dans les assiettes, ou en servant du mousseux tout en le facturant au prix du champagne. Certains « rackettaient » leurs invités en leur faisant payer un droit d'entrée, qui allait directement dans leur poche. Ce qui a permis la constitution de caisses noires parfois (ex New York).
Autres abus : l'exemple d'un consul général à Zurich pendant sept ans, qui n'a jamais mis les pieds dans cette ville pendant cette période (peut être trop pris par sa fonction de gendre du Président de la République de l'époque).
Par ailleurs plusieurs ambassadeurs avaient constitué un trafic d'antiquités, un autre avait volé du mobilier national mais ne fut pas inquiété (le fait que sa fille était mariée avec le ministre de l'Intérieur de l'époque n'est probablement que pure coincidence). Certains trafiquent des voitures, d'autres des tapis. Ainsi un ex-ambassadeur avait transformé sa villa en véritable musée de l'art indien.
L'indemnité de résidence engendre quelques abus aussi : ainsi un ambassadeur a acheté l'immeuble de l'ambassade grâce à cette indemnité et a augmenté le loyer qu'elle lui devait. Celle-ci peut aussi doubler lorsqu'un couple de diplomates est affecté dans un même pays (« le double poste ») : ainsi le fameux couple Gaymard a profité de cette astuce lorsqu'ils travaillaient en Egypte.
Certains postes ont par ailleurs été créés pour surveiller ces excès : les inspecteurs généraux. Les conditions sont dures : cinq mois de voyages annuels, 150 € quotidiens de remboursements de frais divers (même s'ils ne dépensent rien).

Historiquement l'emploi d'ambassadeur s'est constitué en France en 1589, sous Henri III, et à l'époque il était d'ailleurs plus une sorte d'otage visant au respect des engagemnts sous peine de mort. Le métier s'étoffe, tout comme le personnel. Employé à Venise, Jean-Jacques Rousseau y décrivait l'oisiveté, l'incompétence, les trafics.
Aujourd'hui leur rôle (informer, négocier) est de moins en mois utile, d'autant que la France qui n'est pas la deuxième puissance mondiale possède pourtant le deuxième réseau d'ambassade au monde et les deuxièmes plus fortes indemnités de résidence au monde.

Yvan Stefanovitch nous apprends enfin que deux cousins d'Olivier Besancenot, Hervé et Bertrand, sont diplomates : alors en cas de pépins pour nos camarades superfonctionnaires, le mouvement social sera à vos côtés. En tout cas on peut louer la discrétion du facteur de Neuilly sur ces cousins qui travaillent du côté du grand capital, tout comme sa discrétion sur sa femme éditrice à Flammarion et sur son salaire mensuel de 10 000 euros, tout comme sur son ancien job d'assistant parlementaire au Parlement européen (5 000 € mensuels), moins vendeur médiatiquement que celui de facteur. Mais comme on dit « vivons heureux, vivons cachés ».

jeudi 11 octobre 2007

Députés français : comment travailler moins pour gagner plus

C'est une nouvelle fois le site Bakchich qui nous l'apprend (http://www.bakchich.info/article1734.html). A l'heure où les députés votent l'alignement des régimes spéciaux de retraite - RATP, Poste, EDF, SNCF... - ceux-ci semblent avoir oubliés un régime très spécial, à savoir le leur.

Dans cet article, il est ainsi indiqué que ceux-ci ne cotisent en effet que 22,5 années pour toucher leur retraite à taux plein.
Par ailleurs un rapport du 29 mai 2007 du député UMP du Cher, Yves Fromion, indique que les ressources de la caisse des députés se chiffrent à 22,3 millions d'euros alors que les versements aux retraités du Parlement atteignent 60,3 millions.
Le calcul est simple : 38 millions d'euros de déficits, que le bien gentil contribuable comble généreusement chaque année.
On comprends mieux les propos du sénateur-maire UMP d'Estagnac en Charente Henri de Richemont, qui outre ses deux jobs de politique est aussi avocat : "les électeurs ont le droit de nous faire perdre, pas de nous faire crever de faim" (Canard enchainé, 03/10/07), alors à vot'bon coeur, contribuables!

Mais le plus fort reste Jacques Chirac qui bénéficie d'une retraite de la Cour des comptes, organe où il n'a travaillé qu'un an (http://www.politique.net/2007050202-jacques-chirac-une-retraite
-a-30000-euros-par-mois.htm). Après Supermenteur, Superretraité?