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lundi 2 juin 2008

Charles Villeneuve a oublié d 'en parler...

« Gouverner c'est choisir » disait Pierre Mendès France. Ce à quoi TF1 pourrait répondre : « faire de l'audimat c'est choisir ». Sur TF1 il y a des jeunes de banlieues avec leur pitbull, des prostituées d'Europe de l'Est, des Roumains, mais quand des faits divers concernent des racailles en col blanc, Jean Pierre Pernault est un peu moins bavard.

Et pourtant l'actualité délictuelle du 9-2 est riche comme l'indique l'édition du Canard Enchaîné du 28 mai dernier.

L'hebdomadaire relate ainsi les suites de l'affaire des marchés truqués du conseil général des Hauts-de-Seine, mettant en cause Isabelle Balkany. Les enquêteurs ont ainsi récemment découvert des factures étonnantes : une note de 7 325,50 € a ainsi donné lieu à un virement de...599 899,51 €! Ce cas n'est pas isolé. Certaines factures ont aussi été payées deux fois, d'autres ne correspondent à aucune prestation. Depuis l'entreprise a été mise en liquidation judiciaire, mais le patron a recréé une entreprise à Levallois, chez les Balkany. Côté conseil général, des documents ont été « égarés », la chambre régionale des comptes a elle détruit toutes les pièces justificatives...Même poisse concernant les disques durs de certains ordinateurs pouvant prouver les opérations : les flics les retrouvent mais constatent qu'ils ont été effacés au cours du week end précédent. Ils cherchent alors le cahier indiquant les entrées et sorties du personnel, mais malheureusement celui-ci a disparu....

Pour info Isabelle Balkany vient de recevoir la Légion d'honneur de la part de Nicolas Sarkozy, le 27 mai. Hors comme l'indique l'hebdomadaire Nicolas le Millionnaire (version politique du Greg le Millionnaire de TF1) a eu la décence de la lui remettre lors d'une cérémonie privée et non à l'Elysée. On suppose que cette pratique n'a rien à voir avec la réputation sulfureuse de ses amis.

Dernière info de l'hebdomadaire, Patrick Devedjian, qui souhaite moraliser les pratiques départementales, a porté plainte pour détournement de sable. L'affaire se déroule à Gennevilliers en 2007 sur le chantier d'un IUT. Des pelleteuses et des camions viennent retirer des tonnes de sables sur le chantier et les remplacent par des déchets. Préjudice pour le département, qui a dû en outre enlever à ses frais les déchets, un million d'euros.

Comme on le voit, dans le 9-2 tout va pour le mieux dans le meilleur des départements...


vendredi 2 mai 2008

On l'appelait Manuel Aeschlimann

"En général on parvient aux affaires par ce qu'on a de médiocre, et l'on y reste par ce que l'on a de supérieur". Ces propos ne sont point un jugement visant Nicolas Sarkozy, il s'agit d'une citation issue des "Mémoires d'outre-tombe" de Chateaubriand. Ces propos pourraient pourtant bien s'appliquer à un des lieutenant de notre Pierre Bellemare de la politique, à savoir Manuel Aeschlimann.

Dans un article précédent (9 février 2008), nous avions déjà résumé les déviances du système Aeschlimann à Asnières. En cause notamment le machiavélisme de son maire, le communautarisme et son refus de toute opposition. Pour lutter contre toute opposition Manuel Aeschlimann n'hésite pas à attaquer ses opposants en justice, à émettre des tracts diffamatoires ou à les faire passer pour des sectes.
C'est sur ce sujet que le magazine Marianne s'était intéressé il y a près de deux ans (1er juillet 2006, article de Philippe Cohen).

Dans le cas que narre Marianne Bruno de Beauregard et Miguel Membrado dirigent une start-up nommée Mayetic. La Caisse des dépôts avait investi dans l'entreprise qui employait vingt trois salariés et avait pour clients des entreprises ou institutions comme PriceWaterhouse, EADS, le groupe PPR, Auchan, France 3, la ville de Paris ou la gendarmerie nationale. Hors
Bruno de Beauregard est aussi un opposant notoire à la politique de Manuel Aeschlimann : il s'occupe de l'association des riverains de la ZAC Métro (Ahru ZAC Métro) qui s'oppose à certains projets urbains de la ville. Et là c'est le drame...

Tout commence le 5 novembre 2003 : un tract anonyme est distribué dans les boîtes aux lettres et sur les pare-brises de la ville. Ce tract intitulé "Danger secte" prétend que l'Ahru ZAC Métro est manipulée par la Fondation Ostad Elahi, pourtant reconnue d'utilité publique : elle informe sur l'oeuvre d'un philosophe iranien, basée sur l'éthique et est de nature laïque : la Miviludes, qui s'occupe des sectes, ne la considère pas elle comme une secte.
Au final dix sept personnes dont un conseiller municipal sont nominativement dénoncées. La mairie reprend les infos dans une lettre aux habitants de la commune. Quatre actions en diffamation sont intentées, la dernière aboutissant à une condamnation d'un adjoint de Manuel Aeschlimann.
Au lendemain du procès une note des RG reprend la thèse de la mairie, et indique aussi que la secte acquiert des immeubles dans la ville.
Le Monde reprend en tout cas la note des RG et indique que
l'Ahru ZAC Métro est une secte (22 octobre 2005), information reprise par France 3 et par le Vrai Journal de Karl Zéro sur Canal +. Suite à cette campagne Mayetic voit ses contrats et partenariats se romprent, l'entreprise dépose le bilan et les vingt trois salariés perdent leur emploi.

Marianne s'interroge sur la note des RG : la note serait très légère du point de vue de ses informations, reprenant la thèse de l'équipe Aeschlimann; la date de la note (au lendemain d'un procès) est une coïncidence étonnante; le rôle de Manuel Aeschlimann dans l'équipe de Sarkozy - conseiller politique opinion et sondages - amène Marianne à se demander s'il n'a pas obtenu une "faveur" des RG dans la constitution de la note.

Manuel Aeschlimann a lui depuis perdu la direction de la municipalité lors des dernières élections, battu par une membre de l'association Anticor, Josiane Fischer.

"En général on parvient aux affaires par ce qu'on a de médiocre, et l'on y reste par ce que l'on a de supérieur" affirmait donc Chateaubriand. On comprend mieux la défaite de Manuel Aeschlimann.


dimanche 13 avril 2008

Bienvenue chez les Balkany

L'agence tous risques du 9-2 est décidément toujours aussi efficace. Si dans un article récent Serge Dassault, par ses pratiques, faisait penser au Futé, Patrick Balkany est un mélange de Barracuda et Looping.
Dans son édition du 9 avril Le Canard Enchaîné narre une nouvelle histoire concernant Patrick Balkany. Rappelons que le maire de Levallois-Perret a notamment été mis en cause pour clientélisme, détournements, financements occultes et abus de biens sociaux.
Le 9 avril le couple Balkany célèbre cette fois le mariage de leur fille Vanessa à l'hôtel de ville.
Et en bons parents les époux Balkany y ont mis les moyens. Le problème c'est que ces moyens sont parfois ceux de la commune.

Un cocktail dînatoire est prévu avant la cérémonie, avec 450 invités. Celui-ci se déroule dans les locaux de la mairie. Le personnel municipal a été réquisitionné pour l'occasion, une note technique de six pages a été rédigée.
Cette note pose le bouclage du quartier, et impose donc l'intervention des policiers municipaux et des agents de voirie. Elle impose aussi à la gardienne de l'hôtel de ville la surveillance des allées et venues des intervenants (dont la Star Academy...preuve d'un bon goût digne de Laurent de Médicis).
Le buffet est confié à une société travaillant habituellement pour la mairie. Comme quoi tout n'est pas qu'argent dans ce dur monde, il y a aussi des amitiés. La note technique impose aussi au personnel des espaces verts diverses vérifications matérielles et techniques. D'autres personnes sont réquisitionnées pour l'occasion. Elles sont aussi chargées de « remettre les salles en l'état » le lendemain...

Le Canard Enchaîné rappelle qu'en 1996 les époux Balkany avaient été condamnés à quinze mois de prison avec sursis pour avoir utilisés des employés municipaux comme domestiques, jardiniers ou valets de chambre.
Si Nicolas Sarkozy a déclaré que les caisses de l'Etat sont vides, Patrick Balkany pourrait se permettre de dire que les poches des contribuables sont pleines. Mais avec la baisse du pouvoir d'achat, y a pas de petit profit.


vendredi 7 mars 2008

HLM du 92 : petits détournements entre amis

Dans le 9-2 la politique immobilière est aussi une bonne poule aux oeufs d'or, notamment par le biais des offices HLM. Ce système fut notamment une arme politique à Plessis-Robinson ou Levallois-Perret.

L'affaire des HLM du 9-2 est en tout cas illustrative des déviances du système. Le dossier est « balancé » au juge Eric Halphen grâce à un dossier transmis par le ministre du Budget d'alors, un certain Nicolas Sarkozy, à l'époque où la guerre entre chiraquiens et balladuriens se met en place. Nicolas Sarkozy justifie son choix par le goût de la justice, version que conteste le juge Halphen qui y voit une manoeuvre politique. En tout cas, le juge Halphen découvre tout un système de fausses factures pour le financement occulte du RPR. Ce système consistait pour les entrepreneurs du BTP à émettre des fausses factures afin de financer le RPR, en contre-partie de l'accès aux marchés publics des offices HLM de Paris ou des Hauts-de-Seine et du conseil régional d'Ile-de-France.

La gestion des HLM du 92 était alors assurée par Patrick Balkany, assisté par un certain Didier Schuller, qui bénéficie d'un certain réseau. Des travaux sont à faire, des marchés sont à obtenir, parfois au bénéfice d'amis...

Didier Schuller est poussé au bout de quelques temps à la conquête électorale de Clichy. Il bénéficie des moyens de l'OPDHLM, pendant la campagne le cliéntélisme se met en place. Hors au cours de sa conquête le juge Halphen découvre que le journal de campagne Le Clichois surfacture des pages publicitaires à la SAR, dirigée par un ami de Schuller.

Afin de stopper le juge, Schuller utilise une de ses relations Jean-Pierre Maréchal, beau-frère d'Eric Halphen afin qu'il fasse pression sur lui. Mais au bout d'un moment changement de stratégie : il faut piéger Maréchal et décrédibiliser Halphen. Au cours d'une transaction Maréchal est pris, le juge Halphen risque d'être déssaisi. Mais les médias sentent un coup monté, le juge Halphen conserve la gestion du dossier.

Quelques jours plus tard des amis de Schuller sont pris en pleine transaction de dessous-de-table. A leur domicile on découvre des documents impliquant Didier Schuller, qui s'enfuit en République dominicaine. Une cavale de sept ans. Patrick Balkany est lui aussi mis en cause mais sera relaxé.

Source : "9-2 : le clan du président" (Hélène Constanty-Pierre Yves Lautrou)

jeudi 28 février 2008

La Défense : la poule aux oeufs d'or du 9-2

La poule aux oeufs d'or pour le 9-2 c'est le quartier de la Défense. Ce quartier d'affaires a été bâti en 1958 : il emploie 170 000 salariés et l'un des plus important en Europe. Nicolas Sarkozy avait établi un programme intitulé « Défense 2015 » afin de relancer l'activité dans le quartier. Et le programme est ambitieux, et nécessaire.
Mais ces travaux sont surtout une opportunité pour certains : le plan récupère quasiment à la lettre les propositions d'un lobby, l'Association des utilisateurs de la Défense qui comprends les vingt deux plus grands propriétaires et occupants du quartier. Mais au vu de la taxe professionnelle et des droits de mutation perçus, dur de les contredire.

Pour réaliser ce programme Nicolas Sarkozy nomme Bernard Bled qui fut mis en examen dans le cadre des emplois fictifs de la mairie de Paris, mis en cause aussi pour la justice pour un logement de fonction ou pour des détournements de fonds publics...Afin de lui donner des outils le Parlement vote en décembre 2006 une loi en urgence et en catimini. Cette loi consacre une OPA du département sur le quartier : le préfet est quasiment exclu des processus de consultation, une disposition fiscale très favorable aux constructeurs est adoptée.
La Cour des comptes a elle mis en cause la transparence de la comptabilité de la gestion du quartier. Quoiqu'il en soit la gestion du quartier sera 100 % UMP : 50 % au département, 25 % pour Puteaux et Courbevoie.

Mais tout ne va pas forcément pour le mieux dans le meilleur des mondes pour la Défense car quelques affaires ont été médiatisées.

Première affaire : celle des mètres carrés fantômes. Selon Hélène Constanty et Pierre-Yves Lautrou il pourrait s'agir de la plus grande violation du code de l'urbanisme en France : des milliers de mètres carrés auraient été construits en tout illégalité. L'interrogation concerne surtout les responsabilités des pouvoirs publics : étaient-ils au courant voire complices de la fraude?

Autre affaire : « l'affaire de la chaufferie ». Une affaire de corruption est ici soupçonnée dans le cadre d'un renouvellement de la concession de chauffage urbain du quartier. La chambre régionale des comptes avait déjà critiqué les marges importantes réalisées dans la gestion et l'absence de contrôle des activités. En tout cas dans cette affaire on soupçonne le bénéficiaire du marché d'avoir profité du soutien de Charles Ceccaldi-Raynaud dans l'obtention du marché.

Source : "9-2, le clan du Président" d'Hélène Constanty et Pierre-Yves Lautrou

lundi 18 février 2008

Le couple Balkany, Levallois-Perret et les affaires

Dans la série des stars du 9-2 décrit dans le livre d'Hélène Constanty et Pierre-Yves Lautrou "9-2, le clan du Président", aujourd'hui la famille Balkany.
Le maire de Levallois-Perret est l'un des seuls amis proches de Nicolas Sarkozy : ils se sont connus en 1976 à la section RPR de Neuilly, sont tous deux d'origine hongroise, et sont tous deux des « babys Pasqua », car ils ont été formés par le parrain de l'UMP du 92.
Patrick Balkany connaît son baptême politique en 1978 lorsque Charles Pasqua l'envoie à Auxerre afin d'affronter Jean-Pierre Soisson et parvient à le mettre en ballottage. Sa femme Isabelle joue un rôle important dans sa carrière grâce à une expérience de deux ans dans les médias – France Soir, Combat, Europe 1 – qui lui permettra de se constituer un carnet d'adresse utile à son mari.
En 1979 Charles Pasqua les envoie à Levallois-Perret afin de récupérer la ville aux communistes : en 1982 Patrick Balkany est élu conseiller général, et en 1983 après une campagne houleuse – ils se font tirer dessus et attaquer à la hache! - il devient maire de la ville, la même année que son ami Nicolas Sarkozy.

Très rapidement les traces de la politique sociale des communistes disparaissent, la ville se couvre d'immeubles modernes en passant par une société mixte, la SEMARELP. Il intéresse aussi les médias en armant la police municipale, en installant la vidéosurveillance, et étonne avec son style « droite bling-bling » avant l'heure.
« Je suis toujours en campagne » affirme Patrick Balkany, ce qui explique sa méthode, à savoir « faire le trottoir » comme dit son épouse : il connaît la ville par coeur, noyaute, interroge ses administrés ou les flatte. Sa femme s'occupe elle de la communication et des « services » : à la limite du clientélisme ils s'occupent des administrés par le biais de différents services à tarifs avantageux. Pour ce qui est des logements sociaux, la transparence dans leur attribution n'est pas leur point fort : l'opposition est exclue de la commission d'attribution.

Tout va pour mieux pour Patrick Balkany, sa femme récupérant par ailleurs son poste de conseiller général. Mais l'ascension connaît un brutal arrêt : lors des élections présidentielles de 1995 il apporte son soutien à Edouard Balladur, et non à Jacques Chirac.
Par ailleurs un juge enquête sur un possible financement occulte du RPR par le biais de l'office HLM de Paris. Son nom : Eric Halphen. Son enquête remonte à l'OPDHLM du 92 tenu par Patrick Balkany et un de ses amis, Didier Schuller. L'enquête fait son chemin, mais a surtout un effet négatif sur l'opinion vis-à-vis des balladuriens.
Jacques Chirac élu, un chiraquien, Olivier de Chazeaux, ravit la mairie à Patrick Balkany.
Mais les affaires s'enchaînent : déjà en 1988 le cousin germain d'Isabelle Balkany avait réalisé une plus-value sur un terrain avec la complicité de la ville. En 1990 la Cogedim, promoteur immobilier, avait vendu un appartement aux époux Balkany à moitié prix.
Olivier de Chazeaux découvre aussi quelques irrégularités : trois employés municipaux ont ainsi travaillé pendant des années dans la résidence des Balkany; Didier Schuller indique lui que les époux ont fait salarier le capitaine de leur yacht par des fonds publics; la chambre régionale des comptes met en cause la gestion des oeuvres sociales qui a donné lieu à des détournements, des irrégularités apparaissent aussi dans la gestion sportive, les experts-comptables de la République parlent même de caisse noire et de rémunération occulte.

Mais le Titanic ne coule pas : les affaires s'accumulent, s'enlisent, et après une traversée du désert à la Eddy Barclay, en 2001 c'est le retour. Olivier de Chazeaux n'a pas plu et a fait quelques erreurs.. En 2001 Patrick Balkany est réélu maire de Levallois, mais le préfet s'oppose à l'élection suite aux affaires l'ayant touché. Rapidement l'UMP vote une loi rendant éligibles les élus jugés comptables de fait de leur commune...Patrick Balkany est élu député en 2002.
C'est bien le retour et ses amis mouillés dans les affaires se voient attribuer les meilleurs postes! Balka II est de retour...

vendredi 15 février 2008

Les Ceccaldi-Raynaud : les César et Marcus Brutus de Puteaux


Quelle est la commune la plus riche de France? À cette question nombreux répondraient Neuilly-sur-Seine. Et pourtant s'il est vrai que les habitants de Neuilly sont les plus riches de France, la commune de Puteaux est celle qui est la plus prospère. Le motif de cette richesse? Le quartier d'affaires de la Défense, dont les deux tiers sont situés sur la commune, lui apporte une taxe professionnelle sans équivalent en France : le potentiel fiscal est de 4 000 € par habitant, soit cinq fois plus qu'une commune de même taille! En 2007 la chambre régionale des comptes a eu la surprise de constater que la commune avait un bas de laine de 228 millions d'euros placés en bons du Trésor, ce qui lui permet de percevoir 11 millions d'euros d'intérêt annuel.

Les rues évoquent Disneyland, la commune use de sa prospérité : beaucoup de logements sociaux, beaucoup d'agents municipaux, et des dépenses somptuaires : 90 000 € de frais de petits fours en 2006, un million pour les illuminations de Noël. En 2007 1 800 personnes sont invitées à la réception du nouvel an : 550 € de dépensés par personne! Après cela s'enchaînent des cérémonies de voeux plus communautaristes ou plus électoralistes. Et d'autres frais comme Puteaux-Plage ou Puteaux Neige pour un million d'euros.
Et c'est encore mieux pour les familles « bien avec la mairie » : une place sur un village de vacances à un tarif 50 % moins cher qu'au Club Med à Ploemeur (56), La Clusaz (74) ou Crapone (Corse).

Mais la grande particularité de Puteaux c'est le clientélisme. Charles Ceccaldi-Raynaud - « CCR » - accepte de rendre service, fait des cadeaux, ainsi les personnes âgées reçoivent tous les ans des casseroles, un four à micro-ondes ou un téléphone sans fil...Charles Ceccaldi revendique cette politique : « ma politique en matière de clientélisme a été exemplaire. Vous savez ceux qui n'étaient pas d'accord, on ne pouvait pas leur supprimer leur logement. Mais ils obtenaient moins facilement une place dans nos villages de vacances ».
Et les exemples existent : ainsi Stéphane Vazia a eu l'occasion de fréquenter les villages de vacances. Mais tout a changé le jour où il est entré au PS. Son opinion sur « CCR » a notamment changé le jour où lorsque sa femme a eu une contravention il a écrit au maire pour réclamer des travaux à cet emplacement. Réponse du maire : vous pouvez vous faire payer 50 % de la contravention par le centre d'action sociale!

L'ascension de Charles Ceccaldi-Raynaud est en tout cas digne d'un roman.
Celui-ci a commencé comme commissaire de police puis conseiller particulier de Robert Lacoste en Algérie, et est aussi un des responsables de la SFIO locale. Suite au putsch des partisans de l'Algérie française, il apprends qu'il est menacé d'arrestation et s'enfuit. Il part sur Paris, Georges Dardel maire de Puteaux le nomme directeur de l'office HLM local, puis il devient conseiller municipal. Georges Dardel est alors adepte du socialisme municipal clientéliste et corrupteur.
En 1967 il est victime d'un grave accident de voiture, « CCR » s'occupe de l'intérim. Mais lorsqu'il réclame son poste Charles Ceccaldi refuse de le lui rendre! Exclu du parti le socialiste se tourne alors vers les gaullistes...la campagne municipale de 1971 est tendue, faisant même un mort au cours d'une fusillade.

Mais Charles Ceccaldi voit plus loin. Il voit ainsi son fils lui succéder, mais suite à son décès il se tourne vers sa fille tout en critiquant ses capacités. Ainsi lorsque Brice Hortefeux lui affirme qu'il souhaiterait lui succéder, Charles Ceccaldi lui dit clairement qu'il avait choisi sa fille pour lui succéder.
Mais le scénario de Charles Ceccaldi ne fonctionne pas. Suite à une opération médicale il pense qu'il lui reste peu de temps à vivre. Il démissionne de son poste et nomme sa fille pour lui succéder. Mais il critique les mesures prises par sa fille et son aptitude à diriger la ville. Mais quand il souhaite reprendre son poste, enfin guéri, sa fille refuse de rendre son siège! CCR agresse alors sa fille par le biais de tracts, ouvre un blog contre sa fille et l'insulte lors de conseils municipaux!

Les Ceccaldi père et fille ont en tout cas un point commun : ils détestent toute opposition. Pour Charles Ceccaldi l'UDF avec qui il s'allie n'est qu'un faire-valoir, il a infiltré le PS pendant des années, et n'hésite pas à user du triptyque intimidations-pressions-action en justice.
Ainsi Nadine Jeanne se voit exclure de son association culturelle lorsqu'elle se retrouve sur la liste de l'opposition en 2001. Des tracts diffamatoires la qualifient de socialo-communiste, de trotskiste, de pro-délinquants.
Bernard Bruet qui dénoncera le scandale du chauffage urbain – on facture aux administrés du charbon alors que la centrale brûle au fioul! - verra sa femme convoquée par le maire pour le ramener à la raison, puis il sera menacé de ne plus recevoir de subventions pour son association.
Même chose pour le blogueur Christophe Grébert qui monte le blog « MonPuteaux.com » très critique pour la direction municipale. Dès lors CCR interdit de rentrer dans les locaux publics du conseil municipal avec un appareil photo. Puis dès qu'il se rends au conseil municipal Christophe Grébert est encerclé par les policiers municipaux. Charles Ceccaldi a même accusé Christophe Grébert de penchants pédophiles...

Source : "9-2 : le clan du Président" (Hélène Constanty-Pierre Yves Lautrou)

samedi 9 février 2008

Manuel Aeschlimann, le Machiavel d'Asnières

Sorti le 6 février "9-2, le clan du Président" d'Hélène Constanty et Pierre-Yves Lautrou est un véritable résumé de l'affairisme politique dans les Hauts-de-Seine qui sont à la corruption politique ce que le 9-3 est à la petite délinquance : si dans le 9-3 les racailles font du rap, dans le 9-2 elles font de la politique. Inspiré par cet ouvrage cet article résume l'activité du maire d'Asnières, Manuel Aeshlimann.

Certaines villes du 9-2 ont été de véritables laboratoires ou objets à propagande pour la France d'après de Nicolas Sarkozy. L'exemple d'Asnières mérite qu'on s'y arrête : cette ville sans originalité était dirigée pendant près de trente ans par un gaulliste, Michel Maurice-Bokanovski. Aujourd'hui la ville fait le bonheur d'Internet et de Dailymotion pour ses calomnies, tracts anonymes, procès en diffamation, mises en examen et surtout ses conseils municipaux houleux. A défaut d'avoir bâti la France d'après, le maire Manuel Aeschlimann a bâti l'Asnières d'après. Mais arrêtons-nous un instant sur le « putsch » de Manuel Aeschlimann, par ailleurs amateur de Nicolas Machiavel.

A la fin des années 80, « Boka » est un peu lassé par son activité de maire, il lui arrive même de s'endormir lors des conseils municipaux. Il délaisse partiellement le pouvoir à son premier adjoint et successeur désigné, Yves Cornic, qui à l'exemple du couple Balkany à Levallois, couvre la ville de chantiers et de ZAC. Certains riverains inquiétés s'organisent en associations.
Manuel Aeschlimann fait lui la rencontre de Frantz Taittinger, issu de la grande famille du même nom. Tous deux se retrouvent dans la liste de « Boka » aux municipales. Tous deux décident alors de trahir leur maire en prenant parti pour les associations de riverains, des tracts anonymes dénoncent aussi la collusion entre le maire et les promoteurs.
En 1991 les deux hommes décident de mettre le maire en minorité au sein du conseil municipal. Ils sont alors exclus du RPR. Ils ne perdent pas pour autant de vue leurs objectifs – cantonales de 1992 et législatives de 1993 – et se voient opposés à Georges Tranchant. La campagne donne lieu à un affrontement entre les gros bras des camps respectifs. On accuse Taittinger de vouloir « faire venir les arabes à Asnières » en se fondant sur les origines algériennes de sa femme. Mais Taittinger triomphe malgré tout, Manuel Aeschlimann devient le premier adjoint en charge notamment de la communication.
Mais notre Machiavel du 92 ne s'arrête pas là : Taittinger connaît des problèmes de succession familiale et de santé qui le fragilise, on l'informe aussi qu'Aeschlimann complote contre lui en manipulant des associations de riverains. En 1998 Aeschlimann soutient de manière cachée le candidat UDF aux cantonales : Taittinger perd son siège au profit du candidat socialiste. Il démissionne de son mandat de maire et ne se représentera pas aux législatives. Par bonheur Manuel Aeschlimann est là...

Devenu maire grâce à ce double putsch il met en oeuvre les mesures de Nicolas Sarkozy : lutte contre l'insécurité, instauration d'un couvre-feu pour les mineurs qui lui vaudront les faveurs des médias. Il installe aussi une vidéosurveillance dans la commune. En 2004 il est mis en cause quand son directeur de cabinet s'incruste dans le local chargé de la surveillance. Celui-ci indique qu'un socialiste tracte des « documents injurieux » contre le maire et invite la police à l'arrêter. Le brigadier-chef refuse malgré les menaces. Certains dénoncent alors la déviance vers une police politique. De même Manuel Aeschlimann n'hésite pas à attaquer en justice ceux qui critiquent son bilan pour diffamation.

Mais la grande spécificité de Manuel Aeschlimann c'est le marketing politique qu'il a enseigné à Science-Po : il est ainsi friand de sondages (il en a réalisé plusieurs au profit de Nicolas Sarkozy dans sa longue marche vers l'Elysée), mais aussi d'une conception communautariste de la politique.
En se fondant sur les listes électorales il envoie ainsi cinq magazines différents aux Asniérois en se basant sur leur âge et leur sexe, afin d'adapter sa communication.
Le pire c'est qu'en 2006 il a constitué des fichiers d'électeurs avec les mentions « Maghreb » ou « sans Maghreb » afin d'adapter sa communication à l'origine ethnique de ses administrés. En 2001 il a réalisé un tract pour les municipales destinés aux Africains et originaires d'Outre-Mer mettant en vedette sa femme, d'origine antillaise. Même chose en 2004 où une de ses adjointes cible l'électorat musulman en parlant d'une mosquée et d'un carré musulman dans le cimetière d'Asnières.

En harmonie avec Nicolas Sarkozy il créé un conseil des communautés, reçoit les différentes communautés ethniques ou religieuses, accorde des aides aux communautés israélites, catholiques, musulmanes ou aux témoins de Jéhovah.

Enfin la dernière spécificité de Manuel Aeschlimann c'est son traitement des opposants : toute attaque peut mener au procès pour diffamation, la chambre régionale des comptes a ainsi calculé que les frais d'honoraires d'avocat de la ville étaient huit fois plus élevés que dans les villes de même taille du département.
Et au-delà de ses opposants politiques il compte aussi des opposants au sein de son propre camp. Ainsi Josiane Fischer, ex-membre du RPR proche d'Anticor, a été victime comme beaucoup de ses collègues d'un bluff lors du remplacement de Frantz Taittinger par Manuel Aeschlimann : alors que celui-ci avait promis de conserver la même liste pour les municipales, une partie de ses membres a été rayée de cette liste. C'est alors qu'un tract anonyme diffamatoire circule pour les mettre en cause.
Dans la même veine, Manuel Aeschlimann accuse parfois les associations de riverains qui s'opposent à lui d'être des sectes..